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Est-ce parce qu'on sait ce que c'est, une relation qui déraille, qui défaille, qui décroche de ce qui devrait être doux et normal? Est ce que c'est parce qu'on connaît la peine et les disputes ? Les larmes et les cris ? Est ce que c'est parce qu'on connaît tout ça que c'est aussi fort aujourd'hui ?

Hier, c'était nos un an et quatre mois. Tout autour de nous, les couples fêtent leurs dix ans, leurs anniversaires de mariages et ceux de leurs enfants. Et nous deux, avec notre année presque et demie officiellement. Officieusement, c'est plus longtemps. Officieusement, c'était moi qui le courtisait. Longtemps. Patiemment. Avec tout ce que peut illustrer le signe du taureau, la persévérance et l'entetement. Parce que j'étais sûre, je le sentais. Promis, juré, craché. On est fait pour être tous les deux, tu sais. "Ce n'est pas "si on est ensemble", c'est "quand on sera ensemble", je lui disais. Et j'avais raison. Pour une fois dans ma vie, ce qui tambourinait dans mon sang ne m'avait pas trompé.

Je ne savais pas ce qu'il allait se passait mais je le sentais. Ce quotidien, ces mots, ces moments, ce qu'on vit simplement et qui s'accorde toujours sans y penser. Je le sentais, deux ans avant. Cette relation qu'on pourrait s'offrir si on le voulait vraiment. Ça a été difficile, ça a été compliqué. Il y a eu beaucoup de larmes, beaucoup de scènes ratées. Le deuxième acte à été long à démarré. J'avais tout misé sur lui, tout mon espoir, tout ce auquel je croyais. Et puis ça n'avait pas marché, une nouvelle tragédie mal scénarisée, fin de l'acte premier.

J'avais pris du temps loin, j'avais réfléchi seule dans mon coin. Et puis, dans un bar façon Nouvelle Orléans mais au coeur de Los Angeles, j'avais eu un rendez vous galant. Beaucoup trop d'alcool, mon regard se perdait dans tous les colliers de perles qui pendaient au plafond. Et soudain, en regardant mon date et son profil fin, j'ai eu une révélation. Ce garçon, il lui ressemblait alors je devais y retourner. Quelques heures d'avion et une nuit de réflexion, j'ai sonné à sa porte, enfoncée dans mon jet lag et dans mon gros hoodie gris et mon bonnet. J'avais le coeur dans les paumes et je me répétais que ce n'était pas la meilleure de mes idées. Heureusement, il m'a vu depuis son balcon et il m'a souri pour de vrai. Il a dévalé les marches de son escalier, et j'entendais ses pas sur les pierres, boum boum boum, alors qu'il courrait me retrouver. Le deuxième acte a été long mais je savais qu'on allait y arriver. Qu'il allait lâcher ce qui le retenait, et qu'on réussirait à nous créer. Je ne savais pas ce que ça allait donner, mais j'y croyais pour deux alors ça me suffisait. Un an et quelques mois plus tard, je sais que je ne me suis pas trompée.