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Reprendre le rythme, reprendre les habitudes.Préparer la veille les vêtements qu'on veut porter le lendemain. Se lever plus tôt le matin pour écrire. Faire chauffer la bouilloire quand on se maquille. S'enfouir sous des couches de vêtements, pull, châle, manteau avant de mettre le nez dehors. Écouter le silence dans la voiture, ou mettre la musique trop fort.

Ne plus se voir qu'en coup de vent. Le matin, mettre le réveil dix minutes avant pour pouvoir profiter de ses bras. De sa peau. De son corps qui se colle contre le mien. On se sert tellement fort qu'on oublie où sont les limites de l'autres. Enlacés. Emmêlés. Mon visage dans son cou, mon pied sous le sien, ses mains qui frôlent mon dos pendant que les miennes sont toujours à tracer des arabesques sur son ventre. Ou mes ongles dans ses cheveux. Mes doigts sont toujours en pèlerinage sur sa peau, je le touche parfois sans m'en rendre compte. Par habitude. Ma main sur la sienne quand on travaille. Ma tête sur son épaule. Et quand il n'est pas là, des mots qui bourdonnent dans la poche avant de mon pantalon noir.

C'est comme si on avait dix sept ans, mais en mieux. On sait ce que coûte le malheur, on sait ce que c'est de ne pas être heureux. On a appris combien coûte la solitude, la choisie et la subie. On masse les cicatrices de l'autre pendant qu'on guérit des siennes. On se dit souvent qu'on a de la chance. Celle de s'être trouvée, celle d'avoir insisté, celle de s'être battu et celle d'avoir réussi à faire tenir ce qui nous liait depuis le début. Un an et quelques mois. La version officieuse n'est pas d'accord avec ce calcul officiel qui coupe du temps qui a existé sans compter vraiment. Un an et quelques mois. Des centaines de jours qui passent si vite qu'on est déjà aux portes de l'hiver. Thé, plaid, mes pieds gelés sur sa peau toujours brûlantes. Tanière.