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Quinze jours de vacances et c'est déjà fini. Ce matin, dans la pénombre, son ombre recroquevillée sous la couette m'a pincé le coeur alors que je me levais. J'avais envie de retourner près de lui, d'éteindre ce réveil trop tôt qui sonnait. De m'enfouir dans ses bras encore, comme tous les autres jours qui venaient de passer.

Déjà la veille, ça ressemblait à la rentrée. Les cours à préparer, le rapport à rendre mercredi et qui est très loin d'être terminé. Les impératifs, les réunions, les rendez - vous, les documents à faire et envoyer. Toutes une cohorte pas jolie et que je n'avais pas envie de côtoyer. Alors je me suis levée et j'ai pris de quoi faire un crumble banane - ananas. Et j'ai fait comme Mélie le disait, j'ai pris le temps d'être dans la cuisine pour penser. Pas de téléphone, pas d'ordinateur, juste moi et mes mains dans la poudre de farine - sucre - poudre d'amande et huile de colza. C'était bien le temps que ça a duré.

Comme ces vacances de Toussaint qui sont déjà terminées. On les a rempli de souvenirs d'automne qui font du bien. Des thés sous des plaids écossais, des restaurants pour célébrer ou juste pour le plaisir d'être tous les deux. Des films, des pop corns au beurre salé. Des pintes, des shooters, des bloody mary trop pimentés. La soirée d'halloween en costumes dans la ville et les regards amusés. Le prix du meilleur déguisement féminin qui me tombe dessus alors que je buvais en terrasse. "Suis moi!" me dit un inconnu en me tendant sa main. Et la minute d'après, je recevais un carton de récompense, et j'entendais des applaudissements alors que je riais. Cette vie folle qui s'amuse, cette vie folle qui bouscule toujours un peu sans qu'on l'ai préparé.

Il y a eu aussi le mariage de H., très loin dans le lyonnais. Le road trip avec A. où il a fallu mettre un reveil à 5 heures et que les yeux avaient du mal à rester ouverts. Alors pour tenir, face au brouillard et à l'obscurité, on a parlé. De nous depuis les années qu'on se connaît. De nos histoires d'amour passées. Celles douloureuses, celles furieuses, celles qui font encore battre le sang quand on en parle trop. Qui font se réveiller la colère et la peine, et qui rendent les traits durs à celle qui parle mais aussi à celle qui écoutait. Et puis les histoires d'amour du présent, celles qui apaisent et qui sont d'une autre couleur. D'une autre douceur. Celles qui reparent, qui cicatrisent et font avancer. Nos projets, nos envies, notre futur qu'on arrive à apprivoiser. Six heures de discussions pour enfin finir par voir H. et sa magnifique robe rouge brodée. On a patienté pendant la messe en faisant semblant d'écouter, on l'a serré dans nos bras et applaudi en criant "vive les mariés". Sur les tables, des animaux en plastique chinés dans des vides greniers et peints à la peinture dorée. On a ri, on a dansé et on s'est éclipsé tôt parce que la route nous avait fatigué. Je dormais déjà quand elle est venue se coucher. Le lendemain, elle m'a laissé à une toute petite gare qu'on avait trouvé et on a encore ri avant de se quitter. On se voit peu avec A. mais on se quitte toujours en riant. On se quitte toujours en s'enlacant. C'est ce qui compte dans l'amitié, les mots, les rires et l'autre contre nous le temps de quelques battements.