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Je râle, avec mes mouchoirs partout et ma crève qu'on voit sur mon visage. Et puis après, je râle parce que je passe mon temps à râler. Petit nuage bougon de début de semestre, je prends mes marques et mes repères. Tous les matins, je coche le jour précédent sur mon calendrier aimanté au tableau. Un de plus, regardez, le mois est bientôt fini. Le mois de quoi déjà?, je demande, feutre rouge à la main. Septembre septembre septembre, me disent toutes les petites mains. Les pouce et l'index pincés qui vont et repartent de la bouche comme si on mangeait du raisin. 

Le mois est déjà presque terminé, et finalement on commence à s'habituer. A n'avoir le temps de rien, rien du tout, absolument jamais. Je me lève exprès plus tôt le matin, pour lire et écrire devant ma ricoré. Sinon les minutes filent et je suis déjà dans mon lit sans avoir eu le temps d'être toute à moi vraiment. Mes révisions, mes preps, mes cours à donner et à recevoir. La petite salle bleue du mercredi qui devient petit à petit remplie de visages amis. Je n'étais venue là que pour apprendre, et évidemment qu'on finit par s'attacher. Par rire, par faire des blagues, par se raconter. J'ai toujours eu le coeur en tentacules de toute façon. Mon coeur pieuvre qui finit toujours par s'attacher aux gens. Alors on soupire tous ensemble quand il faut déjà recracher des choses mémorisées sur une copie. Qu'il faut faire des exposés qui n'interessent personne et sur lesquels on rajoute des animations. On préfère plutôt parler de nos vies entre deux cafés. De nos élèves, de nos projets, de nos vies d'avant et d'après. Et quand mon amoureux vient m'emmener en urgence mon câble d'ordinateur oublié, c'est l'une d'elle qui lui crie en souriant 'Elle vous aime beaucoup, vous savez!"